Entre le Japon et Miami, un mois de pause s’offre aux écuries. Celles-ci comptent bien saisir les opportunités. (Chronique Multiplex)

Cette pause, elle va faire du bien à tout le paddock. Pas seulement parce que le rythme effréné de la saison va s’alléger avec ses deux suppressions de grand prix, mais surtout car cela représente une opportunité non négligeable pour les écuries de corriger les défauts de la voiture et même de l’améliorer. 

Pour certaines, il faut rattraper le retard sur les précédents, et pour d’autres, il faut simplement réussir à franchir la ligne d’arrivée. 

Bref, pendant ce mois, ce ne seront pas des vacances qui attendent les ingénieurs et les pilotes mais bien un travail d’orfèvre. 

Les trois premiers grands prix ont fixé un semblant de hiérarchie mais cette trêve pourrait bien rebattre les cartes. 

Car “À partir de Miami, un autre championnat commencera probablement” et ce n’est pas moi qui le dit, c’est Frédéric Vasseur, le team principal de Ferrari. 

Ferrari en mission

Et on va parler de Ferrari dans un premier temps puisqu’un package d’améliorations sur le moteur et le châssis est prévu pour le grand prix de Miami. 

L’idée c’est quoi ? C’est en grande partie de combler l’écart de puissance avec le moteur Mercedes et de renforcer leurs points forts dans les virages avec une voiture plus stable. Et pour améliorer la vitesse de pointe de la SF-26, les ingénieurs vont s’atteler à la consolidation de l’aileron qui fait le tour du monde : je parle bien du tant attendu aileron Macarena. Et toutes ces évolutions, les rouges vont pouvoir les tester à Monza, mi-avril, en Italie, lors d’une journée de tournage promotionnel. Charles Leclerc et Lewis Hamilton pourront réaliser 200 km soit 34 tours cumulés au maximum. De quoi collecter des données importantes et tester la monoplace sur des relais assez longs. 

En tout cas, Frédéric Vasseur et ses équipes ont une bonne idée derrière la tête pour se battre avec la fusée allemande. 

Mercedes et le taux de compression

En cause ? Le taux de compression dépasserait à chaud la limite autorisée. Un avantage estimé à 15 chevaux qui pourrait expliquer le différentiel de puissance avec les autres moteurs selon les écuries qui l’accusent. 

Une réunion le mois dernier a officialisé le contrôle à chaud du taux de compression à partir du mois de juin pour toutes les équipes. 

Et si ce moteur est illégal, il faudra le changer rapidement et cette pause va aider à cela. Mais Mercedes, McLaren, Alpine et Williams vont perdre deux courses pour l’utiliser et continuer de dominer. Par contre, si ce moteur est légal, alors bravo et bon courage aux autres constructeurs pour rattraper leur retard. 

Le blues de Red Bull

Puis passons à Red Bull. Puisqu’elle se retrouve très loin du trio de tête et même menacée par le midfield. Pour eux, cela va être très important de comprendre ce qui ne va pas sur la voiture. Les upgrades apportées depuis l’Australie font régresser la voiture. On a pu le voir en qualif avec Hadjar et Verstappen qui avaient deux générations de voitures différentes. Le français l’ancienne et le néerlandais la plus récente mais c’est le parisien qui l’avait devancé. Pour rester un top team, la pause va être déterminante. 

Les écuries en retrait

Aston Martin qui est sans conteste la plus grosse déception de ce début de saison. Pour eux, l’enjeu va être de corriger les soucis de fiabilité et les vibrations pour repartir sur des bases saines et pouvoir améliorer la voiture par la suite. 

Pour Williams, les débuts ont été décevants. Attendus dans le milieu haut de tableau, la passage en Q2 tient du miracle. Comprendre la voiture représente la priorité pour eux pour accrocher le wagon du mid-field.  

Et en parlant du midfield, la course au développement est lancée pour prendre l’avantage sur les concurrents directs. Les performances sont serrées à l’heure où on se parle. Chaque amélioration sera la bienvenue et sera scrutée avec attention. 

Des changements en vue dans la réglementation 2026

Concernant le crash violent d’Olliver Bearman qui a quand même avoisiné les 50G, la FIA a publié un communiqué dans lequel elle indique sa décision de programmer s’entretenir à plusieurs reprises avec les écuries et les pilotes pour éviter que le mode overtake, qui provoque un écart abyssal de vitesse entre la voiture chasseuse et la chassée ne conduisent plus à un tel accident. Le super clipping (décélération moteur pour récupérer de l’énergie) devrait être réduit. Mais comment s’y prendre ? Affaire à suivre. 

Et enfin, une réduction de la partie électrique/recharge est sur la table des discussions. Après de nombreuses critiques, notamment en qualifications, la FIA envisage d’échanger avec les pilotes pour proposer des solutions en vue d’un changement du règlement. Une façon de remettre le pilotage au centre du sport. 

Pour conclure rapidement, ce vont être 30 jours cruciaux pour les équipes et pour la FIA avant le retour à Miami qu’il ne faudra pas manquer.

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